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Bernard Fau

né le 22 février 1953 à Suresne 

Photo Michel Loth

ENFANCE ET ADOLESCENCE

Bernard Fau est né le 22 février 1953 à Suresnes dans une famille modeste d'origine auvergnate. En la famille Fau a déjà 2 garçons (de 8 et 4 ans) et son père qui gérait un commerce de charbon, boulevard du Midi à Nanterre, dut après la faillite de celui ci, racheter un vieux camion et se lancer dans le transport. Son père est un sportif accompli et pratique sérieusement le football et le cyclisme (il participe 2 fois au Tour de l'avenir). A l'école, Bernard se fait surtout remarquer par ses dessins.

Vers l'âge de 9 ans, la famille de Bernard déménage dans un pavillon de Sartrouville.

Il suit les traces de son père et pratique assidûment le sport, surtout le football, mais il se casse la jambe à 15 ans et arrêtera là son expérience footballistiques.

Bernard est épris de liberté et aura beaucoup de mal à rester dans la " carcan " familial, après diverses fugues et autres rebellions contre ses parents il s'intéresse très rapidement aux sports mécaniques. Bernard Fau commence la compétition automobile … en jouant au " Slot Racing " qui consistait à faire courir des voitures miniatures sur un circuit électrifié se rapprochant des réelles conditions de course, par exemple circuit du Berlitz faisait 60 m de long avec 8 pistes. A 16 ans, contre la volonté de ses parents, il passe son permis moto… et rate pour la 2e fois son BEPC ! Finalement il rentre dans une école qui prépare les Arts Déco dans laquelle il se plait bien.

SA PREMIERE MOTO

Il commence à travailler comme maquettiste en architecture ce qui lui permet de gagner un peu d'argent pour s'offrir sa moto. Il achète un cadre de Norton 88 qu'il fait nickeler. Il va mettre un an à la monter. Elle avait des freins Münch, un gros réservoir de Manx et un échappement relevé comme sur la Velocette de son idole, Tchernine. Pour mettre dedans le cadre il cherche un moteur de Matchless G50 et c'est Bernard Magnin qui lui vend un moteur préparé par Christian Maingret.

DEBUT EN COURSE

En mars 71, c'est la fameuse " Côte Lapize " que Bernard choisit étrenner sa G50. Première montée, il termine 4e. La 2e sera plus délicate, car la pluie est de la partie et comme Bernard attaque comme sur le sec… il se prend une belle gamelle, sans mal pour le pilote, mais la combinaison empruntée au frère est déchirée, quant à la Matchless, elle est légèrement cabossée. Loin de le décourager cette première course va au contraire lui faire attraper le virus de la course et va combler son désir de liberté et d'action.

Mais sans argent les débuts vont être difficiles. Pourtant en 1971, Bernard réalise de bons résultats en course de côte avec la Matchless et ensuite avec un 125 Aermacchi..

L'année 72 est une année de perdue, il accepte un travail de Pierre Louis Tébec, croyant pouvoir courir, ce qui ne sera pas le cas et en plus c'est l'année de ses 3 jours pour le service militaire. Ne désirant pas partir il joue le tout pour le tout en se faisant passer pour un " parfait hystérique " et finit par se faire réformer.

Alors seulement, l'esprit tranquille, il peut préparer avec des copains sa saison 1973.

Il achète l'ex 350 Kawasaki de Gougy et une 750 H2 pour faire la Coupe Kawa, le critérium 750 et la Coupe des 4 saisons en 750. 

1973, les choses sérieuses vont commencer. Si en Coupe Kawa, Bernard a du mal avec la 350 Kawasaki à bout de souffle mais réussit quelques perfs (3e Chaumont, 2e Montlhéry, 5e à la finale du Mans…) il réussit beaucoup mieux avec la H2, mais cette année là il a un sérieux concurrent qui lui souffle presque toutes les victoires, son ami Gilles Husson.

Il remporte néanmoins de belles épreuves (Critérium Montlhéry, Coupe des 4 Saisons Nogaro, 2e manche à Dijon…) et même s'il termine second ( Magny Cours, Le Mans, Le Castelet) il réalise souvent le record du tour. Ces bons résultats ne doivent pas cacher les conditions dans lesquelles ils ont été acquis. En effet Bernard ne travaillant pas à beaucoup de mal à joindre les 2 bouts et il ne mange pas souvent à sa faim, entraînant une condition physique désastreuse aussi bien pour le pilote que pour la machine. Heureusement il rencontre le mécanicien Jean Pierre Camino, qui va l'aider en lui fournissant des pièces et en préparant sa moto. Finalement il termine sa saison en 3e position du Critérium 750, derrière Gilles Husson et Philippe Gérard.

Pour 1974, se pose toujours le problème crucial de l'argent. Il sera aidé par GPA, marque de casque alors inconnue, que Bernard fut un des premiers à utiliser. Et surtout il fit la rencontre de Sophie qui décide de l'aider. Il achète la TZ 350 ex chevalier, mais doit la refaire complètement et s'aligne pour la première épreuve internationale de l'année, le Trophée du Million. Bernard n'ayant jamais piloté de véritable moto de course, passe sa journée du jeudi à se familiariser avec la TZ. Finalement aux essais il termine 20e dans des temps proches de ceux de Braun, Fernandez ou Ben El Hadj. En première mancheil termine 8e et se qualifie ainsi pour la finale. Mais ayant des problèmes de faux points morts, il part à la faute. Sophie le console et ils repartent pour le 1er Grand Prix de sa carrière, le GP de France. Malheureusement il chute aux essais et ne sera qualifié que par la défection de Guilli, il terminera la course à la 15e place (500 cm3).

A partir de Nogaro, GPA lui prête la 250 TZ et il pourra ainsi participer à un maximum de courses, 43 au total. Il réalise de belles courses après avoir tâter pas mal de fois du bitume.

A Chimay, en 500, il termine 6e à 22 secondes du vainqueur, Michel Rougerie et au GP de Belgique il se bagarre avec Chevalier en 250 et Léon en 500.

Mais ce que Bernard aime avant tout ce sont les courses en Angleterre et c'est sur les circuits britanniques qu'il va écrire les plus belles pages de sa carrière moto. Il est même le premier français à avoir gagner une manche qualificative à Snetterton (Rothmans Race). Et de Brands Hatch (7e au Hutchinson 100) à Mallory Park (3e en 350 et 7e en 250), Bernard se fait un nom sur le sol anglais, car ces courses sont très relevées et il doit se battre avec les Read, Sheene, Agostini, Bonera, Roberts, Lansivuori, Duhamel, Braun, Pons...

Cette saison 1974, verra Bernard Fau en acteur malheureux de la tragique course de Montjuich, dans laquelle un commissaire est mort et 3 pilotes blessés (Fau, Pons et Katayama) dans la course des 250cc, après une série incroyable de graves lacunes des services de sécurité.  cliquez sur les photos pour les agrandir   

1975. Bernard est engagé par ELF sur des TZ cantilever à cadre Germain. Il obtient de bons résultats dont une 9e place au GP 500 d'Italie, mais il se casse le bras et sa saison est terminée.



GP BELGIQUE 1975
Un film d’Aimé Léonard. Numérisation : Jean Claude Jacq. Montage : Francis Boutet


1976. Bernard est pressenti pour intégrer la nouvelle écurie ELF avec Rougerie et Coulon, mais le manager de l'équipe ne l'aimant pas le fait " virer "… et Bernard se retrouve à pied. Il terminera quand même 7e du GP 500 de Hollande sur une Yamaha.

1977. Cette année voit les efforts de Bernard récompensés, en entrant dans la liste des " meilleurs pilotes du monde " que vient de publier le magazine anglais Motor Cycle News à la fin de cette saison 1977. C'est vrai que Bernard à fait très fort en catégorie 750, devenant le meilleur privé français (derrière les pilotes d'usine Pons et Rougerie) sur sa 700 Yamaha à cadre Nico Baker. Il termine 2 fois dans les 10 au mondial. En France à Dijon il réalise le 4e temps devant Pons et termine également 4e de la course (derrière Estrosi, Coulon et Baker), mais devant Rougerie et Luchinelli. En Belgique il termine8e malgré des problèmes d'embrayage. Surtout il accumule les performances outre Manche en remportant notamment une superbe victoire devant Barry Sheene en personne chez lui à Snetterton !

1978. Grâce à sa saison 1977, Bernard est contacté par la Sidemm (Kawasaki)qui décide de lui confier les H2R venant du Japon. Bernard se chargeant de les faire fonctionner avec ses sponsors personnels ; Sol-Amor, GPA et Motul. Il s'adjoint également les services de l'excellent mécanicien Phil Berthelin et voilà Bernard entamant la saison 1978 comme " pilote officiel Kawasaki ". Mais les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes de Bernard, en effet les machines seront les dernières KR que l'usine développera. Cela se ressent dans le suivi, le développement et même les pièces détachées… inexistantes. L'autre pilote officiel, Gregg Hansford ne fera pas mieux que Bernard face à la meute des Yamaha ultra rapides. Pourtant grâce à son statut " d'officiel " Bernard pu engranger de superbes souvenirs. Il fut ainsi le premier français à courir à Macao (en compagnie de Mike Grant). Il fut également invité par les Australiens à participer aux Swann Series.

 1979. Il roule en 500 sur une Suzuki compétition client et avec deux beaux résultats, 4e en Allemagne devant les Coulon, Uncini, Middelburg, Sarron etc…, 6e en Italie, 4e temps des essais en Espagne (il chute en course)il devient le meilleur privé de la catégorie.

1980. Toujours en catégorie 500 sur sa Suzuki, il ne peut faire mieux que 10e en Belgique.

1981. Cette saison est l'une des ses plus belles en 500. En effet il termine 11e du championnat.

Il marque des points en Hollande 7e, Belgique 10e, Grande Bretagne 4e, Suède 10e.

Pourtant tout avait mal commencé, puisque son Team Manager, Serge Zago, en début de saison ne voulait pas échanger les Yamaha compétition-client pour la Suzuki RG que lui réclamait Bernard, quand finalement il se décida, la saison était déjà entamée.

1982. Bernard ne marque pas de point en mondial de vitesse, mais se fait remarquer en edurance sur une 1000 Honda officielle du team Honda France dirigé par Jean Louis Guillou et notamment aux 8 heures de Suzuka, puisqu'il termine 6e avec Michel FRUTSCHI.

1983. Bernard retrouve les Grands Prix et termine 10e du GP d'Allemagne 250 cm3

Après la compétition moto, Bernard s'est tourné vers le cinéma et le montage d'effets spéciaux, il a arrêté parce que c'était trop orienté pub et puis très vite, au bout de 2 ans, on lui a proposé " Mauvais Sang " comme photographe. Il a été à l'essai 3 jours et il est resté pendant les 8 mois de tournage. Là, c'était BINOCHE, PICCOLI. Il était dans la cour des grands. C'était deux ans après avoir arrêté la moto.

Aujourd'hui il est photographe de plateau sur tous les Navarro, les Instits, sur beaucoup de films de télé. Ensuite il a fait "Les Nuits Fauves " avec Cyril COLLARD.  Bernard remet de temps en temps son cuir pour des manifestions classiques 


     PALMARESCHAMPIONNAT DU MONDE DE VITESSE

AnnéeCatégoriePlaceMarqueRésultats
197550041YamahaItalie : 9e
197650031YamahaHollande : 7e
197775020YamahaFrance : 4e, Belgique : 8e
197875032kawasakiItalie : 9e, France : 9e
197950016SuzukiAllemagne : 4e, Italie : 6e
198050023SuzukiBelgique : 10e
198150011SuzukiHollande : 7e, Belgique : 10e, GB : 4e, Suède : 10e
198325030YamahaAllemagne : 10e


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